Pyrex : 100 ans et toujours aussi transparent

pyrex

Déjà centenaire, la marque Pyrex a passé l’épreuve du temps en s’intégrant dans le quotidien de millions de personnes, même si elle continue d’être aussi transparente que le verre dont elle porte le nom. Son nouvel actionnaire (le fonds de pension Aurora Capital Group) lui apportera peut-être le nouveau souffle qui permettra de redonner une aspérité à cette marque dont le métier consiste justement à les gommer.

A l’instar de frigidaire, Pyrex fait partie de ces marques ancrées dans le quotidien qui ont vu leur nom entrer dans le langage courant. Le fameux verre qui donne son nom à la marque a même droit à sa définition dans le Larousse : Pyrex, nom masculin (nom déposé). Verre à base de silice (81 %), d’acide borique (12 %) et d’un faible pourcentage d’alumine et de soude, possédant une bonne résistance aux chocs thermiques.

La légende veut que Jesse Littleton, un physicien chargé de tester les ampoules de signalisation des chemins de fer, fabriquées jusqu’alors en Nonex, a l’idée saugrenue de demander à sa femme de faire cuire un gâteau dans ce fameux verre afin d’en vérifier sa solidité.

verre pyrex

Double succès : le verre est résistant à une forte température et le gâteau est délicieux. Nous sommes en 1915 aux Etats unis et le plat Pyrex est né.

verre pyrex pub

La marque arrive dans l’hexagone en 1922 avec succès, notamment grâce à la cocotte, le plat à cake et le biberon. D’autres pays suivront, dont l’Allemagne en 1927 ou le Japon en 1930.

biberon pyrex
musee verre pyrex

De 1950 jusqu’au milieu des années 80, ce sera aussi les 30 Glorieuses pour Pyrex qui étoffe son catalogue en suivant les tendances et les demandes des consommateurs. Aux premières années de l’après-guerre, la marque innove et commercialise un plat révolutionnaire pour l’époque : le Pyrex Sedlex®, un verre 2en1 ; beaucoup plus résistant aux chocs, il peut passer du four à l‘eau froide sans se casser. Grâce à lui, les nouveaux plats peuvent désormais supporter de grands écarts de températures et leurs lignes plus épurées les rendent plus faciles à nettoyer. L’arrivée de ce nouveau produit est l’occasion de communiquer avec des campagnes de publicité qui s’appuient sur la renommée de grands chefs cuisiniers pour vanter les mérites du Pyrex Sedlex®.

L’année 1960 voit la commercialisation d’une nouvelle ligne nommée « hôtesse ». Plus moderne, au design épuré et au verre cristallin, cette nouvelle gamme s’accommode tout aussi bien à de la vaisselle raffinée qu’à des services basiques. Elle connaitra un grand succès notamment grâce à ses poignées amovibles. Une décennie plus tard, Pyrex brise les codes et se détache du verre transparent en optant pour de l’opale blanc aux motifs apposés par décalcomanie, dans l’esprit 70’s.

cocotte pyrex
assiette pyrex

La fin des années 70 et les années 80 voient naitre de nouvelles gammes ; c’est le temps des succès. De la gamme « Pâtisserie » à la nouvelle gamme « Vision » qui répond à une demande des consommateurs souhaitant pouvoir utiliser leurs plats directement sur le feu, Pyrex est à son apogée. Pour pouvoir satisfaire toutes les demandes, une nouvelle usine est même construite à Châteauroux.

Mais les deux dernières décennies ont été plus compliquées pour la marque. De la fin des années 80 à 2006, Pyrex changera de mains, passant de Corning à Newell avant d’être une nouvelle fois vendue à Arc International Cookware.

Ces dernières années verront le retour de l’innovation, avec de nouveaux plats, à la fois en verre mais aussi dans d’autres matériaux tel que le silicone. En 2010, Pyrex propose une offre englobant tous les matériaux de cuisson et le catalogue de la marque compte plus de 6 000 références (en verre, bien sûr, mais aussi en fonte, aluminium, céramique et silicone).

Bien qu’offrant une très large gamme de produits et accessoires, Pyrex ne peut échapper à la concurrence à bas coût des chinois et des turcs, notamment celle de l’entreprise  Pasabahce (qui bénéficie de coûts de production inférieurs de 20 à 40 % par rapport à ceux d’Arc).

La marque, qui vient d’être reprise début 2014 par le fonds de pension Aurora Capital Group, a aujourd’hui l’ambition de continuer la production du fameux verre de cuisson qui l’a rendue célèbre et, dans le même temps, de développer sa diversification avec de nouvelles gammes et de nouvelles matières. Reste à voir comment le virage des 100 ans sera négocié et comment Pyrex, pourtant emblématique et transgénérationnelle, pourra se replacer positivement dans l’esprit des consommateurs et imposer enfin sa vision et sa capacité d’innovation. Elle pourra en tout cas s’appuyer sur ce qui semble constituer ses trois piliers fondamentaux : l’art et la matière (son savoir-faire), l’art culinaire (sa raison d’être), l’art de vivre au quotidien (son bénéfice consommateurs).