Altice ouvre une nouvelle voie dans sa communication

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Altice devient la marque globale de tous les actifs du groupe media et telecom développé par Patrick Drahi, y compris SFR.

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Altice, qui s’est développée à renfort d’acquisitions depuis plus de 10 ans dans les télécoms, les médias, les contenus et la publicité, était jusqu’à présent la holding financière, installée au Luxembourg en 2001. L’entreprise de Patrick Drahi a racheté et consolidé au fil du temps les acteurs du câble français, dont Noos et Numericable, puis mis la main sur SFR en 2014, mais aussi Portugal Telecom, Hot (Israël), Cablevision ou Suddenlink (Etats-Unis) et Orange Dominicana (République dominicaine). Dans les médias, on trouve Libération, L’Express, NextRadioTV (BFM, RMC), regroupés au sein d’Altice Media et détenus par SFR. Altice est un des rares acteurs du secteur à être à la fois présent en Europe et aux Etats-Unis, avec Deutsche Telekom qui détient le quatrième opérateur mobile américain, T-Mobile.

L’ensemble va donc se transformer en groupe mondial sous un label unique, celui d’Altice, afin de marquer le démarrage d’un nouveau chapitre de son développement et lui donner une meilleure visibilité à l’international au moment où elle prépare l’introduction à Wall Street de ses activités américaines, appelées à générer à moyen terme la moitié des revenus.

Certaines marques vont cependant subsister. C’est le cas des médias (BFM, RMC, Libération, L’Express, i24 news …), de certaines marques comme Red en France, ou encore Mocho, Uzo et Sapo au Portugal, Next TV en Israël, ainsi que Teads, jeune pousse en compétition avec Facebook et Google dans la pub vidéo en ligne qu’Altice avait rachetée en mars 2017.

La transformation la plus visible en France concernera SFR (Société Française de Radiotéléphone), créée en 1987 par la Compagnie Générale des Eaux (elle-même rebaptisée depuis Vivendi). Opérateur assez critiqué aujourd’hui (selon l’association française des utilisateurs de télécoms, plus de la moitié des plaintes déposées contre un opérateur en 2016 ciblait SFR), le changement de nom pourrait contribuer à reléguer au passé les critiques sur la qualité du réseau de SFR. A condition que ces critiques ne soient plus fondées aujourd’hui !

Le logo de l’entreprise change, accompagné de la baseline « Together has no limits ».

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Ce rebranding plutôt réussi sur la forme peut cependant être plus critiquable sur le fond. La plateforme de marque enfonce des portes ouvertes en évoquant notamment avec grandiloquence que l’entreprise est là pour « réinventer le futur et créer un nouveau chemin où les idées, les émotions, les expériences apparaissent à une vitesse inégalée ». Sic. Cela débouche sur une signature (« Together has no limits ») qui renvoie à l’époque que l’on pensait révolue des « promesses » de marque creuses aux relents religieux, à l’américaine : quand nous unissons nos forces, tout devient possible ; l’union permet l’impossible ; amen. Disons qu’à ce stade le discours reste à un niveau « supra corporate ». Nul doute qu’au fil du temps cette version 0 sera retravaillée et précisée pour être plus concrète et plus spécifique.

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Mais à ce stade, le bébé est objectivement plutôt bien né. L’identité est élégante. Le travail graphique et typographique est incontestablement professionnel. Le symbole, sans être original, a le mérite d’être simple et signifiant, croisant efficacement le « a » de Altice avec l’évocation du signe infini. L’avantage de la lettre « a » est qu’elle est le début de l’alphabet et qu’elle permet au symbole de renvoyer aussi à l’alpha de l’alphabet grec. C’est donc potentiellement le début d’une nouvelle histoire, un chemin ouvert vers l’avenir, et aussi un ruban qui semble donner du lien et créer de la proximité. Maintenant, il n’y a plus qu’à !